Comme Le Daron

 Au premier être aimé.

Se confondre dans l'aisance n'est même pas envisageable,
Je l'ai vu y aller des lundis sombres aux dimanches ensoleillés
Toujours la tête haute Bel homme noir trop responsable qui nourrit sa famille et la famille de ses pères restés au pays.

Il ne s'est jamais plaint de ses jobs.
Alors je ne me plains jamais de mes jobs
Comme le dar.

Aux têtes sur ces cous suspendues qui balacent aux rythme des corps désolés
Nous ne saurons de notre force et l'immensité de nos lumières que ce qui a été répondu... à nos prières.
Dans un livre près d'ALLAH
A sa découverte nous serons ravis d'un ravissement surhumain et comprendrons qu'à travers la souffrance IL nous choisissait et nous aimait.
IL ne laisse en paix que ceux qui n'auront rien auprès de LUI.

L'humour, les chants africains et les contes merveilleux ancestraux sont les moyens de tenir quand les temps sont durs.
Vous voyez quand on donne tout aux mêmes ces mêmes sont faibles
Car c'est dans l'adversité qu'un homme se connaît.


Se confondre dans les commérages n'est même pas dans ma façon de parler.
Je suis taiseuse comme le dar
Qui regardait sans juger à voix haute
Parce que l'humilité est soninké
Et que soninké c'est ce qu'on est.
Descendants de fois humbles, de combattants aux archers, de maîtrises d'énergies surnaturelles. 

A la plaine frileuse et bleutée qui souffrait sous l'ombrage d'un méfait refoulé donc méconnu,
Je suis pardonneuse comme le dar
Qui ne me trahissait jamais quand j'avais froid,
Il m'a revêtue d'une paire de Fila violette alors que personne dans le quartier ne les avait.
Il m'a revêtue d'un manteau douillet en hiver et plongé ses grandes mains ébènes dans la jungle de ma chevelure afro pour la coiffée en chignon.

Il est beau toujours malgré l'âge qui avance vers l'éternité attendue.

Aux murmures et aux chants qui accompagnent l'aurore orangée d'automne comme se soulève un nuage de poussière éclatant sous les sabots d'un pur sang,
Il m'arrive encore de kiffer sur du James brown comme le daron jetant sur son épaule sa veste d'une main et balançant l'autre au rythme de ses pas enjoués.

Au fil soutenant l'univers qui court vers sa première mort faisant dérailler les jours et dérailler les nuits,
Je suis patiente comme le daron.
Et j'ai ma marque sur le front
Comme le daron.

A qui veut l'entendre, ou pourra le lire,
Les forces d'un homme humble qui sait l'essentiel et craint son créateur ne me sont pas inconnues,
Elles sont ce que j'ai vu et appris dans les leçons âpres qui pincent la jugulaire, le père... comme mon daron.





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